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Lapin Vélo Cyclo-voyage entre France et Népal

Trek Jiri - Tengboche - Jiri -- Quatrième jour

lapinvelo

08 mars 2013

Jour 04 : Junbesi - Nunthala

 

18,9 km, 5 h 22

Dénivelé positif : 1162 m

Dénivelé négatif : 1654 m

Altitude max. : 3060 m

Trek Jiri - Tengboche - Jiri -- Quatrième jour

Comme d'habitude j'ai dormi à poings fermés, bien au chaud dans mon sac sous deux courtepointes. Je me réveille même un peu à la bourre, 7h00, presque une grasse matinée. Le village est orienté plein nord, les flaques d'eau de la veille se sont transformées en glace, tout est couvert de givre, mais un soleil éclatant illumine le somment du Mt Numbur ( 6956 m ). Voilà qui promet une journée güzel güzel.

Chòrten de Junbesi

Chòrten de Junbesi

Pour sortir de Junbesi, il faut passer sous les yeux, par la gauche bien entendu, d' un gros chòrten après avoir franchi un portique paré de moulins à prières et orné en son plafond d'une série de peintures très colorées et ornementées, encore une fois à connotation sexuelle explicite, mais dans un registre tout autre que celui des sculptures des temples hindous de la lointaine vallée de Katmandou. Ici, ça évoque plus la méditation que la paillardise. Toujours cette iconographie tantrique qui m'échappe ...

Trek Jiri - Tengboche - Jiri -- Quatrième jour

Après le franchissement d'un pont, je change de versant et me retrouve au sud, montant sous le soleil. Une demie-heure comme ça et je meurt de chaud sous ma veste, que je fais tomber pour me retrouver en bras de chemise. Lors de cette petite pause, j'échange quelques mots avec deux personnes que je croise régulièrement depuis le début : une jeune californienne accompagnée de son non moins jeune guide népalais, qui d'ailleurs à l'air d'être un peu plus que son guide. Mais bon, chut, faut pas le répéter.

C'est une des nombreuses choses agréables sur ce trek : il n'y a pas beaucoup d'autres marcheurs, mais quand même juste assez pour faire connaissance au fil des kilomètres et des pauses. Je suis seul, mais pas trop.

Massif de l'Everest

Massif de l'Everest

 

Le sentier est facile, tout doux et ondulant en balcon, une vraie partie de plaisir. Vers 10h, à la sortie d'un virage, un panorama grandiose surgit littéralement devant mes yeux : la chaîne de l'Everest. Le toit du monde s'étend là, devant moi, d'un bord à l'autre de l'horizon. Époustouflant, les bras m'en tombent.

 

Je les ramasse et pose mon sac juste après, devant une vieille lodge-épicerie tenue par une non moins vieille didi, occupée pour l'instant à scruter les montagnes au travers de ses grosses jumelles. Cette vénérable dame vends du fromage, chic alors ! J'en prends une tranche de 100 Gr et un paquet de Coconut Biscuits ; 160 Rp le tout, en plus c'est pas cher.

Trek Jiri - Tengboche - Jiri -- Quatrième jour

Je me fait donc une pause fromage un peu plus loin, calé dans un creux herbeux à l'abri du vent. Il ressemble à de la raclette, c'est trop bon et je mange tout en admirant les montagnes. Je me chauffe au soleil comme un chat, savourant ce moment en repensant que 24h plus tôt, je montait dans la neige et le vent glacial. Je remarque qu'au loin, de petits nuageons commencent à s'agglomérer et à devenir moins mignons. C'est bien de pas avoir à camper, car on dirait qu'il va faire mauvais tous les soirs.

 

Je descends doucement jusqu'au fond de la vallée pour franchir la Dudhkund Khola enjambée par un pont de pierre au dessus duquel trône un moulin pas à prière, mais à eau. Je ne sais pas ce qu'il actionne.

Trek Jiri - Tengboche - Jiri -- Quatrième jour

Après un arrêt Fried Noodles with Vegetables à midi en compagnie de trois australiens, c'est reparti pour l'ascension d'une longue envolée de petites marches rendues boueuses et glissantes par une brusque augmentation de la fréquentation : à partir d'ici, je croiserai constamment des caravanes de petits chevaux transportant le plus souvent des bouteilles de gaz vides ou pleines. Si ça à l'inconvénient de rendre la piste dégueulasse et dangereuse dans les descentes, le gaz offre aux habitants du coin une alternative au bois pour cuisiner. C'est tout de suite remarquable, l'abattage des arbres et bien moins important, le ruissellement n'érode pas les sols de manière effrénée comme dans la vallée où j'étais hier.

Trek Jiri - Tengboche - Jiri -- Quatrième jour

Tiens, un chòrten … celui-ci est différent, il n'est pas peint et ses pierres se voient colonisées par la végétation. C'est joli aussi. Encore 30 min et voilà lke col du jour : Taksinda La, 3060 m. Forcément flanqué d'un stupa, il est également occupé par quelques petites gargotes, lodges et boutiques. Les meneurs de chevaux et les porteurs s'y posent un peu avant de redescendre. Ces dernier me font vraiment de la peine, ils avancent péniblement pas après pas, écrasés sous leur charge d'une centaine de kilos, toujours accrochée à leur front par une sangle. Les autres népalais ne les regardent même pas, mépris des castes inférieures oblige.

Trek Jiri - Tengboche - Jiri -- Quatrième jour

Passage entre les moulins à prières et c'ets la plongée vers Nunthala (ça sonne comme Nutella, ça me donne faim), tout en dérapages et rattrapages, glissages dans la boue qui est plutôt une sorte de purin due aux déjections des chevaux. J'ai pas envie de faire une cascade à la Pierre Richard et me de retrouver les fesses dans ce truc immonde.

Nunthala

Nunthala

A l'entrée de Nunthala, je rattrape un autre trekker, un chevelu rigolo équipé d'un chatoyant pull de hippie multicolore et filmant tout avec sa grosse caméra DV. C'est vrai qu'y a matière à faire de belles images, le patelin est animé, les paysans rentrent des champs, les caravanes s'arrêtent pour la nuit, c'est plein de vie et de sourires, réconfortant. Passées les fermes, une série de lodges, il n'y a que l'embarras du choix. Je choisi l'Hôtel Everest. J'y suis accueilli par une didi à lunettes et casquette qui rigole tout le temps et semble amoureuse de ses deux chats gris.

Tous les autres marcheurs font comme moi, à savoir boire un thé sous les derniers rayons du soleil, en écoutant les clochettes des chevaux qui remontent la rue dans un sens ou l'autre jusqu'au crépuscule.

 

Puis vient la nuit, le silence, extinction des feux.

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