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Lapin Vélo Cyclo-voyage entre France et Népal

Namché – Tengboche - Namché, 13 mars

lapinvelo

 

Namché – Tengboche - Namché

20 km, 6 h12

Dénivelé positif : 1808 m

Dénivelé négatif : 1796 m

Altitude max. : 3847 m

 

 

 Namché – Tengboche - Namché, 13 mars

C'est étrange, je n'ai presque rien noté à propos de cette journée dans mon journal … Enfin bref, je m'en souviens encore bien, pensez : c'est l'ultime étape de mon voyage en direction des pentes de l'Everest, le point sur la carte vers lequel mon compas pointe depuis exactement 9 mois jour pour jour depuis que je suis parti de Strasbourg juché sur Karakedi. Du coup j'étais un peu perdu dans mes pensées et diverses réflexion tout au long du chemin.

 

 

 Namché – Tengboche - Namché, 13 mars

Réveil avec le soleil, check du sac, des provisions, de l'eau, et hop, petit déjeuner copieux, avec du pain tibétain et des œufs arrosés de Chaï. Je souhaite une bonne journée à la didi de l’hôtel, l'informe de ma destination, déploie mes bâtons et me met en route, commençant par gravir les terrasses de Namché pour sortir de la ville par le nord.

 

 

 

 Namché – Tengboche - Namché, 13 mars
 Namché – Tengboche - Namché, 13 mars

Après avoir franchi le dernier gradin de l’amphithéâtre naturel dans lequel se nichent les habitations, le sentier est quasiment à plat et file joyeusement en contournant une paire de Chortens par la gauche. Un changement de direction et voilà : une vallée au fond de laquelle se dressent l'Ama Dablan (6856 m), le Nupste (7 861 m), le Lhotse (8516 m), et LUI : Sagarmāthā, Chomolungma, le Mont Everest (8848 m) ! Cette petite pointe où commencent déjà à s'accrocher quelques nuages, est le point le plus haut de toute la planète, après c'est la stratosphère, puis l'espace intersidéral. C'est quand même un peu impressionnant.

 

 

 Namché – Tengboche - Namché, 13 mars
 Namché – Tengboche - Namché, 13 mars

Le chemin commence à monter doucement, je croise quelques autres trekkeurs, des groupes de yaks qui convoient du matériel aux divers camps de base, c'est plaisant et sans difficultés particulières. Il faut ensuite redescendre dans la forêt pour traverser un torrent, et faire viser TIMS et ticket d'entrée du parc à un checkpoint tenu par l'armée.

Là, ça se corse, ça devient même plutôt ardu : une montée en lacets très très serrés en plein cagnard dans les caillasses, c'est très étroit et compliqué pour se croiser. Les népalais, eux, pour la plupart des guides bien équipés, ne s'embarrassent pas des tournicotages : ils montent et descendent à fond la caisse, en traçant tout droit et s'affranchissant du sentier. Tout ça sans faire rouler le moindre caillou, plus agiles que des chamois.

 

 

 Namché – Tengboche - Namché, 13 mars
 Namché – Tengboche - Namché, 13 mars
 Namché – Tengboche - Namché, 13 mars

Et enfin, je débouche dans un espace plat, passe sous un portique aux murs couverts d’impressionnantes peintures tantriques représentant des démons ou des bouddhas entourés de flammes, contourne un chorten et me retrouve devant ce fameux monastère de Tengboche, le plus haut du Népal, juché à 3847 m d'altitude et fondé en 1919 par Lama Gulu. IL médita tellement fort sur un rocher que ses pieds y laissèrent leur empreinte dans la pierre. Y était également jadis conservé un crâne de Yéti ; manque de bol, il a été volé. C'est ballot.

 

 

 Namché – Tengboche - Namché, 13 mars
 Namché – Tengboche - Namché, 13 mars
 Namché – Tengboche - Namché, 13 mars
 Namché – Tengboche - Namché, 13 mars
 Namché – Tengboche - Namché, 13 mars
 Namché – Tengboche - Namché, 13 mars
 Namché – Tengboche - Namché, 13 mars
 Namché – Tengboche - Namché, 13 mars

En tous cas, c'est vraiment un magnifique endroit, une vaste esplanade plate d'où la neige peine encore à disparaître, dominée par la silhouette élancée de l'Ama Dablma, qui est décidément la plus belle montagne du monde. L'Everest, quand à lui, voit son sommet disparaître dans les nuages. Quelques yaks qui se reposent, des randonneurs qui prennent la pause devant le portique du monastère et me demandent de me dépêcher de prendre mes photos parce que je suis dans le champ et qu'ils sont pressés ... Allez vous faire foutre, bande de cons de touristes de merde. Je fais ma photo avec mon T-shirt SOCOPOF accroché aux bâtons en guise de bannière histoire de marquer l’événement ; et ouais, ça y est, je suis arrivé, jour pour jour 9 mois après mon départ de Strasbourg, le 13 juin 2012. A partir de maintenant, je vais prendre la direction opposée, celle de la maison. Punaise, ça fait bizarre. Je rentre à Thivet, demi-tour !

 

 

Mission accomplie, chef !

Mission accomplie, chef !

Encore une photo avec un tournevis (cassé) que Greg m'avait confié en même temps que la mission de l'amener ici et d'immortaliser le moment, un petit tour pour jeter un coup d’œil au monastère et je reprend la direction de Namché. Juste à ce moment, je tombe sur les deux jeunes israëliens que je croisais régulièrement la semaine précédente. Eux se sont équipés pour poursuivre vers le camp de base de l'Everest et me souhaient un bon retour chez moi.

 

 

 Namché – Tengboche - Namché, 13 mars

Les dix kilomètres sont vites avalés, il est néanmoins presque 20 h quand je m'affale sur mon lit. Le soir, quand je vais prendre mon repas, la didi est étonnée de déjà me revoir : "Tu as fait l'aller-retour dans la journée ? Mais tout le monde fait ça en deux jours !" Et, moi : "Ah bon ? Pourtant c'est facile." Là, j’admets, c'est vraiment pour faire le malin, j'ai bien mal aux jambes, aux pieds, aux genoux et aux épaules, mais j'essaie de faire comme si ne rien n'était.

 

Et demain, c'est reparti pour une semaine de marche pour retourner à Jiri puis Katmandou puis Berlin puis Strasbourg puis Thivet. Je m'endors empli de satisfaction, le sentiment du devoir accompli.

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