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Lapin Vélo Cyclo-voyage entre France et Népal

Trek Jiri - Tengboche -Jiri -- Deuxième jour

lapinvelo

06 mars 2013

 

Jour 02 : Deurali - Sete

15,4 km, 5 h 07

Dénivelé positif : 1564 m

Dénivelé négatif : 1773 m

Altitude max. : 2552m

 

jour 02

 

 

Réveil à 6h30 avec le soleil. Épaules raides et courbaturées, mais rien à signaler niveau jambes. Je m'extirpe de la chaleur moelleuse de ma grosse couette et descend avaler une omelette et un pain tibétain arrosés d'une tasse de café au lait. Les Hollandais finissent de se préparer pendant que leur sherpa m'explique un peu le trajet que je dois suivre aujourd'hui. Sympa et toujours souriant le bonhomme, alors qu'il trimballe les deux énormes sacs de ses clients sur le dos, ces derniers ne portant que 3-4 kg chacun. Je serais curieux de savoir quel salaire il touche pour cette tâche éreintante … 

 

En attendant, j'ai un souci à régler : j'ai deux bâtons télescopiques (qui jusque là m'ont surtout servi à me défendre contre ces abrutis de chiens agressifs), et y en a un qu'est coincé, impossible de le déplier. Je vais demander à l'homme de la maison si je peux lui taxer une pince, il en ramène deux et commence à s'affairer, Vraiment bien coincé, le machin. Il s'acharne, transpire, tente de lubrifier avec de l'huile de vidange, mais rien n'y fait. Pourtant il persévère et refuse d'abandonner quand je lui dis de laisser tomber, s'escrime encore dix bonnes minutes et, Vae Victis ! Excellent, je vais pouvoir enfin utiliser les deux bâtons pour me tracter dans les montées et éviter de me viander dans les descentes.

 

DSCN6988

 

Je remercie chaleureusement la petite famille, leur laisse un pourboire (et accessoirement mon petit gilet en polaire, mais ça j'ai pas fait exprès) et file en direction de ces petits carrés, là, tout en bas, les maisons de Bandhar. La route principale tortillonne en dizaines de lacets, mais mon sentier, lui, file tout droit sous les rayons de Surya (une marque de clopes locales, mais aussi le dieu du soleil).


 DSCN6994

 

Bondissant avec grâce et élégance de pierres en rochers, je dévale la pente et me retrouve rapidement devant le gompa flanqué de deux chortens et des inévitables drapeaux laissant le vent emporter les prières dont ils sont imprimés marquant l'entrée du patelin. Pas de doutes, ici c'est plus Shiva mais Bouddha. Un bouddhisme assez spécial plutôt éloigné de celui pratiqué par les babos occidentaux, emprunt de tantrisme et de vieilles croyances tibétaines, un truc bizarre où le sexe et les démons semblent omniprésents.

 

DSCN6993

 

Après avoir fait le plein d'eau sous le regard intrigué d'une petite fille au nez coulant de morve, je suis mon chemin, traversant cette jolie vallée verdoyante où sont disséminés de petits groupes de maisons. L'existance semble assez douce ici, le niveau de vie plus élevé, certains paysans possèdent même un tracteur.

 

DSCN6999.JPG

 

Passé sur l'autre versant, j'avance tranquillement en profitant de la vue sur les cultures en terrasses qui modèlent littéralement les flancs des montagnes, ça monte et descend alternativement, quelques passages où des marches de pierre ont été aménagées, des petits ponts enjambant des petits torrents, des petites fermes, isolées habitées par des gens polis et souriants. Plutôt idyllique, quoi ...

 

Je ne croise aucun autre trekker aujourd'hui, mais pas mal de porteurs locaux transbahutant des chargements assez incroyables dans une hotte accrochée au front par une sangle. Sale boulot réservé aux plus basses castes, mais indispensable à la circulation des biens et provisions, car il n'y a plus de routes carrossables, tout transite à dos d'homme.

 DSCN7002

 

Enfin, j'arrive à Kinja où je dois de nouveau pointer numéro de passeport et heure de passage au checkpoint de la glandarmerie. J'en profite également pour faire ma pause de midi et m'envoyer une bonne assiète de patates grillées avant de me lancer dans les trois heures d'ascenssion qui m'amèneront ce soir à Sete.

 

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Empruntant une longue série de marches irrégulières, je prends vite de l'altitude et domine la vallée. La guerre civile a laissé des traces, la faucille et le marteau maoïstes sont peints en évidence sur de nombreuses bâtisses, qui constituaient autant de postes d'observation et de positions imprenables. Pas étonnant que la Armed Police royaliste se soit pris une branlée dans le coin.

 

Il fait chaud, le soleil tape fort à l'abri du vent, mais de méchants nuages noirs à l'air pas cool du tout sont en train d'arriver. Je sens que je n'ai pas trop intérêt à trainer si je n'ai pas envie de me faire gauger. Je crois toujours autant de porteurs, qui me saluent avec reconnaissance lorsque que je me détourne pour les laisser passer.


DSCN7007.JPG 

J'arrive à Sete juste à temps. A peine entré dans la première lodge du hameau, c'est de la grêle qui se met à tomber bien dru. En l'espace de dix minutes, la température chute et un manteau blanc recouvre tout. Je susi plus que content d'être bien au chaud, même si le lieu est crasseux, enfumé et sombre au possible. Une omelette, des patates à l'eau, et hop au lit.

 


 


Commentaires

Alice 02/03/2014 23:34

2ème jour : encore de l'omelette...