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Lapin Vélo Cyclo-voyage entre France et Népal

Trek Jiri - Tengboche -Jiri -- Premier jour

lapinvelo

 

05 mars 2013

 

Jour 01 : Jiri – Deurali

17, 8 km, 5 h 43

 

Dénivelé positif : 2019 m

Dénivelé négatif : 1157 m

Altitude max. : 2705 m


jour 01

 

Il est 7 h30 lorsque je charge mon sac sur le dos et quitte Jiri par la route, désormais une piste de terre, qui rejoint Bandhar, dernière bourgade desservie par les bus. Après, plus de route carrossable. Du moins pour l'instant,des travaux sont en cours, c'est super le progrès, rien ne l'arrête…

 

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Je suis en forme, motivé et plein d'allant malgré les bretelles qui me scient les épaules. Après avoir dépassé les dernières cabanes vétustes et le dépotoir, j'oblique à gauche sur un petit chemin balisé et ça commence à grimper, plutôt sec. En ce début du mois de mars, l'hiver est déjà bel et bien terminé, et dès que le soleil sort de derrière une crête, ses rayons ont vite fait de faire monter la température en flèche, ça devient estival. Bien que ne portant qu'une chemise légère, je suis vite en nage.

Me retrouvant de nouveau sur la route principale, je longe une petite ferme devant laquelle un petit vieux est assis sur ses talons. Je le salue et lui répond par l'affirmative lorsqu'il me demande si je vais à Shivalaya, suite à quoi il m'enjoint de prendre la première à gauche après le virage, injonction à laquelle je répond " Okaitènkiougoudebaillemisteur! " en repartant. Je passe devant le petit chemin en question, mais comme ma carte et mon itinéraire me disent de continuer tout droit, et qu'il m'a l'air tout pourri, je préfère l'ignorer.

Et voilà que j'entends des cris derrière moi, c'est le papi qui me court après en me faisant signe que je ne vais pas dans la bonne direction, que je peux le suivre, que lui aussi va par là. Il charge sur son dos une hotte pleine de foin, y accroche un grand kukhuri et file à toute vitesse dans le sentier à peine marqué. J'ai du mal à le suivre, c'est raide à mort et coupe tout droit au travers des cultures. Je commence à flairer l'embrouille quand il pose sa charge et me fait signifie de continuer à la suivre. Comme il prend vite pas mal d'avance, il disparaît de ma vue et j'en profite pour lui fausser compagnie et rejoint la route dès que j'en ai l'occasion. Manque de pot, ce satané pépé est plus malin qu'il n'en a l'air et sort du bois dans le premier lacet de la redescente, en me quémandant 200 roupettes pour ses services de guide.

- Ah! Ah! Ah!

- 100 roupies!

- Ah! Ah! Ah!

- 50!

 - Non, 20 ou rien.

 - Mais je t'ai montré le chemin, fait chaud, regarde comme je transpire !

- 20 ou rien, j'étais sur le bon chemin, tu m'a fait prendre un raccourci de merde et t'as jamais parlé d'argent. Tu m'as pris pour un pigeon, c'est 20 ou rien.

Il prend le billet de mauvaise grâce, et se barre en ronchonnant. Certes ce n'est pas très sympa de ma part, mais j'aime pas être pris pour un con et je ne suis pas un de ces bouffons de touristes qui distribuent leur argent pour se donner bonne conscience. Y m'a énervé ce vieux.

Bon bref, j'entame la descente et me calme vite. C'est vraiment joli, ça sent le printemps, les rhododendrons et les pommiers sont en fleurs, les déchets (principalement des briquettes de jus de mangue et des paquets de coconut biscuits) deviennent de plus en plus rares et les népalais (car il ne se passe pas dix minutes sans que je croise quelqu'un) répondent à mes Namasté avec de grands sourires pleins de dents jaunes.

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Après avoir longé un mignonnet petit torrent, je le traverse par un pont suspendu et pénètre dans Shivalaya. Mauvaise surprise, montant la garde derrière son bureau, une fonctionnaire du ministère du tourisme me demande 2000 roupies, à titre de droits d'entrée dans la zone de conservation de Gaurishankar. Zut, j'étais pas au courant … l'itinéraire que j'ai téléchargé date de 2006, à l'époque les maoïstes tenaient la zone et exigeaient un droit de passage assez minime aux étrangers, maintenant c'est l'Etat. Je sors deux billets de 1000 (ce qui fait à peu près 16,666 E). Je grommelle un peu dans ma barbe, non pas que ça me dérange de payer (en espérant que l'argent soit bien voué à la préservation de la zone), mais ça aurait été sympa de me prévenir à Katmandou quand j'ai rempli les petites fifiches détaillant mon trek ; du coup ma réserve de liquide a bien fondu et je ne pourrai pas en retirer avant Namché. Petit détail qui me stresse un peu.

Ensuite, inscription dans le livre de passage des flics, c'est fait en 20 secondes.

A part ça, Shivalaya est un petit bled sympa, les rues pavées de grosses dalles sont propres, des petits poussins font piou piou piou devant de jolies maisons de pierre sombre, c'est mignon tout plein et et semble plutôt prospère. L'économie n'est pas uniquement tournée vers le tourisme : un jour, d'honorables ressortissants de la non moins honorable Confédération Helvétique arrivèrent dans cette contrée ressemblant à la leur et transmirent aux Népalais l'ancestrale magie permettant la transmutation du lait en fromage. Il y a donc dans les environs, la vallée du Mt Numbur, de nombreuses fromageries qui transforment le lait de nak (la maman du yak) en fromages : l'un sec et piquant, l'autre plus mou et ressemblant à de la raclette. Les deux sont drôlement bons.

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Je m'en procure un peu, m'arrête pour manger une bonne assiette de patates sautées et attaque la montée. Des marches. Un immense escalier de grosses pierres taillées qui m'élève rapidement vers un joli point de vue en surplomb du village.

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La suite du parcours n'est pas très physique, le trek suit les ondulations d'un flanc de montagne, montant à la fin doucement mais sûrement dans une forêt de rhodos (car ici les rhododendrons ne sont pas de petits buissons comme dans les Alpes, mais des arbres de 3-4 m de haut).

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C'est avec un certain soulagement car la fatigue commence à se faire bien sentir que j'arrive sur la place centrale de Deurali (on prononce Déolali ), un petit tas de maisons perchées sur un col à 2705 m. L'espace central est entièrement occupé de murs à Mani, murs de pierres plates sur lesquelles sont gravés en relief des mantras bouddhistes. Je passe le col et pousse la porte de la première lodge se présentant à moi.

 J'y retrouve deux hollandais parlant bien français et leur porteur népalais, rencontrés ce matin peu après le départ. La soirée est brève mais agréable, le couple tenant l'établissement et leur fille sont adorables et chaleureux. Après un bon gros Dahl Bat, zou, au lit ! Y a même une prise de courant qui marche à côté du lit. Cool.

Commentaires

Alice 28/02/2014 19:39

bravo pour ce récit du jour 1 ! Effectivement pas très cool le papy-arnaqueur, mais Deurali ça a l'air sympa. Bon, j'attends la lecture du jour 2.

lapinvelo 01/03/2014 12:09



Merci Alice ! Tu vois que j'y travaille quand même un peu à ce blog . La suite arrive tout bientôt, genre aujourd'hui
ou demain.